Il suffit d’entrer dans un supermarché pour avoir l’impression que nous n’avons jamais eu autant de choix. Des rayons entiers de céréales, de biscuits, de pains, de desserts, de boissons et de plats préparés. Des couleurs différentes, des promesses différentes, des emballages différents.

Mais notre corps ne mange pas des emballages. Et lorsque l’on retourne les paquets pour regarder leur composition, la diversité semble tout à coup beaucoup moins impressionnante.

Farine de blé.
Sucre.
Huiles.
Amidon.
Quelques arômes pour changer le goût.

100 produits peuvent finalement n’être que cent variations autour d’une poignée d’ingrédients.

Beaucoup de choix ne signifie pas beaucoup de diversité

Nous confondons facilement la variété commerciale avec la diversité alimentaire.

Un biscuit au chocolat, une barre de céréales, un granola croustillant et des céréales soufflées occupent 4 places différentes dans un rayon. Pourtant, leur base reste très proche.

À l’inverse, des lentilles, une betterave, des noix, un brocoli et du sarrasin sont 5 aliments véritablement différents. Chacun apporte sa propre combinaison de fibres, de vitamines, de minéraux, d’acides gras, d’acides aminés et de composés végétaux.

La diversité alimentaire ne se mesure donc pas au nombre de paquets présents dans le placard. Elle se construit avec le nombre d’aliments réellement différents qui trouvent leur place dans notre assiette.

La FAO considère d’ailleurs la diversité comme l’un des piliers d’une alimentation saine, aux côtés de l’équilibre, de l’adéquation aux besoins et de la modération. Elle l’utilise également comme indicateur indirect de la capacité d’une alimentation à couvrir les besoins en vitamines et en minéraux. FAO

Être rassasié ne signifie pas toujours être nourri

Une alimentation peut fournir suffisamment d’énergie et remplir parfaitement l’estomac sans apporter toute la diversité dont le corps a besoin.

On peut donc sortir de table rassasié tout en ayant une alimentation très répétitive et sans avoir les minéraux dont on a besoin au cours de la journée.

C’est là que la distinction entre quantité et qualité devient intéressante. Notre corps n’a pas uniquement besoin de calories. Il a besoin de matériaux très variés pour produire de l’énergie, entretenir les tissus, fabriquer des hormones et soutenir l’ensemble de ses fonctions. Aucun aliment ne doit, à lui seul, tout apporter. C’est précisément la diversité qui permet aux aliments de se compléter.

Le problème n’est donc pas nécessairement ce que nous mangeons occasionnellement. C’est la place que certaines bases finissent par occuper lorsqu’elles reviennent matin, midi et soir.

Du pain le matin.
Un sandwich à midi.
Des biscuits dans l’après-midi.
Des pâtes le soir.

Pris séparément, aucun de ces aliments ne résume la qualité d’une alimentation. Mais leur accumulation peut laisser très peu de place aux légumineuses, aux graines, aux noix, aux légumes, aux herbes, aux épices et aux céréales moins utilisées.

Commence par ajouter

Face à ce constat, il peut être tentant de vouloir tout supprimer.

Vider les placards.
Interdire certains aliments.
Reconstruire chaque repas autour d’une nouvelle liste de règles.

Ce n’est pas ma manière de faire.

Je préfère commencer par ajouter.

Ajouter une poignée de lentilles dans une soupe.
Essayer le sarrasin à la place du blé.
Parsemer une assiette de graines.
Changer de légume plutôt que de reprendre automatiquement les trois mêmes.
Utiliser davantage d’herbes fraîches et d’épices.
Introduire une purée d’oléagineux dans une sauce.

Une assiette n’étant pas extensible, ce que nous ajoutons finit naturellement par prendre la place d’autre chose. Comme je le répète souvent : un bon aliment chasse un mauvais.

Pas besoin d’organiser un combat dans la cuisine. Lorsque les aliments nourrissants, colorés et savoureux prennent davantage de place, le reste en prend progressivement moins.

La diversité ne doit pas devenir une nouvelle performance

Évidemment, l’idée n’est pas de compter les végétaux avec une application ni de transformer chaque repas en examen de nutrition. Certains jours seront très variés. D’autres beaucoup plus simples. Ce qui compte, c’est d’élargir progressivement ton répertoire.

Acheter un ingrédient que l’on cuisine rarement.
Faire tourner les sources de protéines : végétales et animales, et au sein de chaque catégorie, varier aussi.
Alterner les céréales.
Changer les couleurs dans l’assiette.
Profiter des saisons pour ne pas manger les mêmes légumes toute l’année.

Mieux manger ne veut pas nécessairement dire manger moins. Cela peut signifier manger plus varié.

L’abondance qui m’intéresse n’est pas celle des rayons. C’est celle des couleurs, des goûts et des aliments réellement différents dans l’assiette.

Et toi, quel aliment gagnerait à revenir plus souvent dans ta cuisine ?