On nous conseille régulièrement de manger plus de légumes. Sur le principe, tout va bien. Dans la pratique, cela se termine parfois par trois rondelles de concombre posées sur le bord de l’assiette, avec la sensation d’avoir fait sa BA nutritionnelle de la journée 😅
Pourtant, remettre davantage de légumes dans son alimentation ne signifie pas nécessairement préparer des salades gigantesques ou transformer chaque repas en festival de brocolis vapeur. On peut aussi les glisser dans une sauce.
Depuis quelques années, je prépare ce que j’appelle simplement des « sauces cuites » : un ou plusieurs légumes cuits, quelques aromates, une bonne huile et de la fleur de sel. Le tout est mixé jusqu’à obtenir une texture parfaitement lisse et crémeuse.
Rien de très spectaculaire sur le papier. Mais dans une cuisine quotidienne, cette préparation peut changer énormément de choses.
Une sauce, plusieurs repas
Une sauce cuite peut accompagner :
- une céréale ou pourquoi pas des pâtes
- des légumes vapeur ou rôtis
- une viande ou un poisson
- une assiette de légumineuses
- une salade composée
- un sandwich ou une tartine
- un reste qui manquait franchement d’enthousiasme
Elle permet de remettre des légumes dans l’assiette presque sans y penser, tout en apportant de la couleur, de la texture et du goût. Et s’il t’en reste, il suffit de l’allonger avec un peu d’eau, de bouillon ou de lait de coco pour la transformer en une délicieuse soupe.
Une préparation, plusieurs repas et, à la fin, aucune petite boîte oubliée pendant trois semaines au fond du réfrigérateur. C’est déjà une belle victoire 😅
Ma vision du batchcooking
Pour moi, le batchcooking ne consiste pas à préparer douze repas identiques et à les aligner dans des boîtes. Je préfère cuisiner quelques éléments bien choisis :
- une céréale
- une légumineuse
- une plaque de légumes de saison
- une viande cuite à basse température
- une sauce crue
- une sauce cuite
Ensuite, je les combine différemment au fil des jours.
La sauce cuite joue un rôle important dans cette organisation. Elle fait le lien entre les différents éléments et permet de créer une nouvelle assiette sans repenser toute la préparation du repas.
Des légumes vapeur, du sarrasin et une sauce de potimarron ne donneront pas la même impression que ces mêmes légumes servis avec une sauce crue au citron et aux herbes.
Les ingrédients sont proches. Le repas, lui, semble différent.
La formule de base d’une sauce cuite
Il n’est pas nécessaire de suivre une recette précise à chaque fois. Tu peux partir de cette structure :
Un ou plusieurs légumes cuits + un aromate + une bonne matière grasse + un assaisonnement
La texture dépendra ensuite de la quantité de liquide ajoutée.
Pour une sauce épaisse, ajoute très peu d’eau. Pour une préparation plus fluide, verse progressivement de l’eau de cuisson, du bouillon ou un lait végétal.
Le mot important ici est « progressivement ». Une sauce trop épaisse se rattrape très facilement. Une soupe trop liquide, carrément moins 😏
La crème de potimarron préparée pendant le cours
Lors du premier cours, nous avons préparé cette sauce pour accompagner du sarrasin germé. Un délice !
Ingrédients
- 230 g de potimarron
- l’eau de cuisson du potimarron
- 1 oignon
- 1 cm de gingembre frais
- 4 càs d’huile d’olive
- de la fleur de sel
Préparation
Coupe grossièrement le potimarron et l’oignon.
Fais-les cuire pendant 20 minutes à la vapeur avec le gingembre.
Une fois cuits, mixe avec l’eau de cuisson récupérée, l’huile d’olive et la fleur de sel. Tu peux évidemment multiplier les quantités pour en conserver une partie ou la congeler.
Une sauce différente à chaque saison
La recette au potimarron n’est qu’un point de départ. Tu peux décliner cette sauce à l’infini. C’est aussi un super vide-frigo !
Voici quelques combinaisons. N’oublie pas de toujours ajouter une source de bon gras, comme une bonne huile vierge, première pression à froid, ou de l’huile de coco…
En automne
- potimarron, oignon et gingembre
- carotte, cumin et curcuma
- panais, ail et noix de muscade
En hiver
- chou-fleur, ail et miso blanc
- céleri-rave, moutarde et noix
- poireau, pomme de terre et thym
Au printemps
- petits pois, citron et menthe
- asperges, ail et herbes fraîches
- épinards, oignon et muscade
En été
- courgette, basilic et citron
- poivron, ail et paprika fumé
- aubergine, thym et cumin
Il est également possible d’ajouter une purée d’oléagineux, des herbes fraîches, des épices, ou un peu de moutarde.
L’objectif n’est pas d’accumuler les ingrédients. Une bonne sauce peut rester très simple.
Et si elle devenait une soupe ?
Lorsqu’il ne reste plus assez de sauce pour accompagner plusieurs assiettes, je ne cherche pas nécessairement à lui inventer une dernière utilisation héroïque. Quoique… Je la transforme en soupe.
Ajoute de l’eau chaude, du bouillon, du lait de coco… rectifie l’assaisonnement et réchauffe doucement.
Tu peux ensuite ajouter quelques graines, des herbes, des légumes croquants ou un reste de légumineuses.
Cette possibilité résume bien ma manière d’envisager le batchcooking : préparer à l’avance, oui, mais conserver suffisamment de souplesse pour adapter les préparations à ses envies.
Préparer, puis improviser
Une sauce cuite n’a rien de révolutionnaire.
Elle ne promet pas de régler toute l’organisation des repas en huit minutes, de transformer ton réfrigérateur en photo Pinterest ou de te donner soudainement envie de cuisiner le dimanche pendant 4 heures 😅
Elle permet simplement de prendre un peu d’avance. Et certains soirs, savoir qu’une sauce pleine de légumes t’attend déjà au réfrigérateur suffit à faire toute la différence.
Le batchcooking d’automne sera justement le thème de notre prochain cours de cuisine (mardi 13 / jeudi 15 octobre). Nous y apprendrons comment cuisiner quelques éléments polyvalents.
Le cycle a commencé, mais il est encore possible de nous rejoindre pour cet atelier. Toutes les informations se trouvent sur la page des cours.